Philippe Ramette – Parcours Saint-Germain 2009

Dans le cadre du Parcours Saint-Germain, du 29 mai au 12 juin 2009, Louis Vuitton présente Le Fiasco (ou quand les règles du jeu sont mal comprises) de Philippe Ramette.

J-D. B. : Pouvez-vous brièvement nous parler de votre projet à l’occasion du Parcours ?

Philippe Ramette : J’ai essayé avec cette installation de répondre au thème de cette année qui est le jeu. Au départ, on m’avait proposé de montrer des photographies, des choses qu’on avait peut-être un peu plus vues dans mon travail. Et au final, j’ai plutôt opté pour la réalisation d’une installation qui pourrait tout à fait être imaginée en tant qu’image photographique.

Du jeu, de la mise en scène…

Le titre de cette installation est pour moi très important, c’est Le Fiasco (ou quand les règles du jeu sont mal comprises). J’imagine qu’il peut y avoir plusieurs interprétations, mais mon intention était de mettre en scène deux personnages énigmatiques. On ne voit que des pieds et on suppose une présence cachée derrière les rideaux…
C’était aussi l’idée d’un fiasco, d’une situation bloquée par rapport à un jeu qui aurait pu être une partie de cache-cache, mais dont les deux protagonistes n’auraient pas compris les règles et se seraient cachés simultanément. On se retrouve face à une situation qui peut apparaître absurde.

D’où vous est venue cette idée des rideaux ?

Lorsque j’ai conçu cette installation, je regardais par hasard un documentaire sur Staline. J’ai trouvé très drôle l’idée qu’il fasse raccourcir les rideaux de ses appartements par peur d’un complot ; cela permettait de voir s’il y avait des gens cachés derrière…

Vous avez également placé une sculpture dans la vitrine de Vuitton.

Oui, j’avais envie de montrer mon travail de sculpture et j’ai installé, au milieu de ces deux personnages, un objet qui s’appelle le Casque miroir. Celui-ci est réalisé en verre, et contrairement à un casque classique ne fait pas office de protection. Lorsqu’on le porte, une réflexion se fait et l’utilisateur est automatiquement mit en écho avec la périphérie, avec le monde qui l’entoure.
On peut aussi imaginer que les deux personnages sont les gardiens de cet objet qui est présenté d’une manière très évidente et très directe.


Article initialement publié sur Art and You, 8 juin 2009

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