JR – Panthéon

Ce matin, le Centre des monuments nationaux (CMN) organisait une conférence de presse pour présenter Au Panthéon !, le projet d’installation participative de JR au Panthéon.

Pour Philippe Belaval, président du Centre des monuments nationaux, il n’était pas concevable de recouvrir le dôme du Panthéon, pendant les deux ans de travaux, de messages publicitaires. D’une part, le lieu est trop symbolique et d’autre part, il s’agit d’un des monuments les plus hauts de la capitale. Tout naturellement, il a préféré se tourner vers l’art contemporain et a cherché un projet qui soit en accord avec le site et puisse parler aux passants. « Ce monument dit quelque chose, des principes, des valeurs de la République […] Il a un message pour chacun d’entre nous, en France mais également au-delà de nos frontières. Le message de la République est universaliste. »

Dans les œuvres de JR, nous distinguons deux grands principes républicains :

  • une dimension d’universalité : l’artiste exerce son talent sur tous les continents, en donnant la parole à tous, aux hommes, mais également aux femmes et aux enfants.

  • une dimension participative : il ne s’agit pas d’œuvres que l’on se contente de regarder mais dans lesquelles on contribue. Dans le cadre du projet pour le Panthéon, la collecte des portraits s’effectue par Internet, mais également dans un certain nombre de monuments nationaux durant le mois de mars (le 5 à la Basilique Saint-Denis, le 8 à la Cité de Carcassonne, le 12 au Château d’Angers, le 15 à Carnac, le 19 dans les Tours de la Rochelle, le 22 au Palais du Tau, le 26 à la Villa Savoye et le 29 au Panthéon).

« J’ai commencé à faire des portraits et j’ai compris à quel point les gens prenaient plaisir à participer. [Par la suite], il y a trois ans, j’ai inversé le processus et j’ai demandé aux gens de faire leurs propres photos. Je m’engageais juste à les imprimer. Les gens ont envoyé leurs photos avec leurs smartphones ou leurs ordinateurs et on leur a imprimé leurs portraits sans sponsor […] Quand on laisse aux gens la possibilité de se ré-approprier leur image, ils l’utilisent comme une œuvre politique ou comme un geste artistique [selon les pays]. Cela pose la question de la valeur de l’image. » (JR)

Pour l’artiste, lorsque les gens font la queue (souvent pendant des heures) pour se faire photographier dans un camion photomaton, ils participent à un « geste de reconnexion humaine » : ils se retrouvent à discuter avec les gens qui sont avant ou après eux dans la file d’attente.

Dans le cadre du projet « Au Panthéon », il n’est pas obligatoire d’attendre pour se faire photographier. Les internautes peuvent, dès à présent et jusqu’au 29 mars, expédier leur portrait à partir du site www.au-pantheon.fr. Les règles sont très simples : il suffit juste de se prendre en photo de face (visage et épaules), devant un fond uni de préférence blanc.

« Je veux constituer une œuvre qui commencera par l’extérieur du monument [sur les bâches du chantier] et qui se poursuivra à l’intérieur […] A l’intérieur, ce sera fait d’une manière un peu différente de d’habitude. J’aime bien que l’architecture dicte l’œuvre. Là, je garde encore un peu de suspense… » (JR)

La bâche des portraits restera en place pendant toute la durée des travaux (soit à peu près un an et demi) et l’œuvre située à l’intérieur sera normalement visible jusqu’à l’automne, après les Journées du Patrimoine.


Article initialement publié sur Artistikrezo le 25 février 2014

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