FIAC 2006 – un cru exceptionnel

Au Louvre et Grand Palais, du 26 au 30 octobre 2006

Présente dans la capitale depuis 1974, l’emblématique Foire internationale d’art contemporain quitte le giron de la Porte de Versailles pour réintégrer le centre historique : le Grand Palais, la Cour carrée du Louvre et le Jardin des Tuileries. Une volonté de plaire aux collectionneurs qui, durant quelques mois, a provoqué moult remous chez les galeristes parisiens, ainsi qu’une profonde phase de doute auprès du public… Beaucoup prévoyaient un abandon significatif de l’art contemporain, et, au final, chacun savoure un cru exceptionnel.

Diantre, pourquoi les organisateurs de la Fiac souhaitaient-ils son retour au cœur de Paris ? Selon Jennifer Flay, directrice artistique depuis 2003, ce déplacement géographique était primordial pour redynamiser la foire. Certes les deux halls de la Porte de Versailles offraient une surface d’exposition de premier ordre (20’000 m²), mais ils n’étaient plus suffisamment attractifs pour les collectionneurs internationaux, aux tempéraments de jetsetters.

Dès que le Grand Palais rouvre ses portes, l’année dernière, le comité de la Fiac décide d’y organiser des soirées de performances. Pour l’édition 2006, la décision est sans appel : il faut s’y implanter, tout comme au Louvre – actuellement très enclin à l’art contemporain – même si la superficie est deux fois moindre (en comptant les deux lieux, on arrive à une surface totale de 13’000 m²). Dans un sursaut qualitatif, le jury opère une présélection drastique et n’hésite pas à placer sur liste d’attente quelques exposants ayant régulièrement participé à la Fiac les années précédentes.

Une poignée de galeristes parisiens hurlent au scandale, certains insistent, tandis que d’autres se regroupent autour de trois foires parallèles : « Show off » (interview de Magda Danysz), « Slick » et « DiVA » (exclusivement consacrée à l’art numérique et la vidéo). Au final, ces réactions n’empêchent, fort heureusement, pas la Fiac de demeurer toujours aussi attractive (une quarantaine de nouvelles galeries intègre le salon, soit le quart des exposants), de qualitativement progresser dans le secteur de l’art actuel et de continuer à favoriser la foisonnante scène française, toujours mieux représentée qu’ailleurs ; cela, tant au niveau des artistes que des exposants (45% d’entre eux sont français).

Visite guidée…


Article initialement publié sur Fluctuat le 27 octobre 2006

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