L’Art numérique à maturité (2/5) – Des festivals

Une rentrée cyber : septembre-octobre 2004

Cette rentrée est marquée par quelques grands festivals pluridisciplinaires. Le premier d’entre eux, Villette numérique 2004 et son expo Zone de Confluences.

Pour découvrir des propositions d’artistes internationalement reconnus, rien ne vaut Villette Numérique 2004 (du 21/09 au 3/10). Pour sa deuxième édition, la biennale offre une perspective expérimentale et festive sur les principales tendances de l’art électro. Consacrée aux arts plastiques – et plus particulièrement aux installations multimédia – l’exposition « Zone de confluences » est axée sur de la notion de décloisonnement des pratiques et sur les différents apports influençant l’art informatique (cinéma, son, jeu vidéo, outils de programmation…). Très judicieux dans ses choix, Benjamin Weil, commissaire de l’exposition, présente une vingtaine de chefs d’œuvres récents.

Parmi les artistes retenus, nous trouvons de fameux « courts-circuiteurs » de logique formelle comme le duo européen JoDi (connu, depuis 1995, pour son esthétique amphigourique) et Claude Closky (qui sonde, déconstruit et se réapproprie avec humour des messages publicitaires standardisés). D’autres artistes offrent de déconcertantes contemplations poétiques : Antony Aziz et Sammy Cucher (concepteurs d’un séduisant « techno-jardin » immersif), le Japonais Atau Tanaka (auteur d’un paravent interactif, en fibre de verre, dévoilant les charmes d’une jeune femme photographiée par Araki), ou la paire Ben Rubin et Mark Hansen, auteurs de l’inoubliable Listening Post.

Les autres arts ne sont pas oubliés. Le festival met à l’honneur divers expérimentateurs de la scène musicale actuelle tels que l’Anglais Scanner (connu pour ses architectures sonores superposant voix, ambiances et boucles), le Mexicain Murcof (mélangeant avec brio orchestration, classique et minimalisme électro) et Juan Trip (auteur d’un concert très prometteur au Planétarium). Il fait également la part belle aux spectacles hybrides relevant de la multiperformance et propose des cycles de cinéma présentant de nouvelles propositions formelles (tels que le « Sound cinéma »).

Moins médiatique et beaucoup plus pointue que la manifestation précédente, la troisième édition des « Résonances » de l’Ircam (du 13 au 22 octobre) propose une captivante réflexion sur les nouvelles formes d’écriture ainsi que sur les derniers développements technologiques musicaux : suivi automatique d’interprètes, partitions visuelles, etc. Les organisateurs ont également prévu quelques concerts – Ensemble Intercontemporain, Concerts Cursus… -, ainsi qu’une exposition d’installations sonores (utilisant parfois des dispositifs d’interaction en temps réel ou des procédés de réalité virtuelle).


Article initialement publié sur Fluctuat le 20 septembre 2004

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