L’Affaire du Palais de Tokyo – mai 2011

Les tensions au sujet de l’avenir du Palais de Tokyo persistent indéniablement…


Petit rappel historique :

20 mai 2009 : Christine Albanel confie la responsabilité du projet « Palais de Tokyo » à Olivier Kaeppelin, délégué aux arts plastiques ; cela « en raison de sa parfaite appréhension des enjeux de rayonnement de la scène artistique française, de relations personnelles qu’il entretient de longue date avec les artistes, de sa capacité à fédérer l’ensemble des acteurs autour de cette grande ambition, notamment le Site de création contemporaine que dirige Marc-Olivier Wahler ».

La ministre indique que ce nouveau lieu devra « présenter la création émergente française et internationale (la vocation du Site de création contemporaine, qui se verra ainsi consolidée) », mais également « exposer et promouvoir les artistes confirmés de la scène française, principalement sous la forme de monographies ».

2009-2011 : Olivier Kaeppelin souhaite unifier le site de création contemporaine (dirigé depuis 2006 par Marc-Olivier Wahler) et les espaces en cours de rénovation (9’000 m2, dont 5’500 m2 consacrés aux expositions – coût des travaux devant débuter en juin : 20 millions d’euros). Mais progressivement, les relations entre Olivier Kaeppelin et Marc-Olivier Wahler se détériorent : tous deux se disputent la direction artistique de l’institution.

Le 1er novembre 2010, Mark Alizart (directeur adjoint du Palais de Tokyo depuis 2006) est nommé conseiller au cabinet de Frédéric Mitterrand. Il prend en charge le département des Arts plastiques, de la Mode et du Design. Olivier Kaeppelin est alors (plus ou moins) relégué à l’administration et ne parvient à monter que deux expositions : l’une avec Sophie Calle (du 20 octobre au 28 novembre 2010), l’autre avec Amos Gitaï (du 5 février au 17 avril 2011).

… L’ambiance devient particulièrement mauvaise. « Deux vernissages pouvaient se faire concurrence le même jour à des niveaux différents, Wahler arrachant l’affiche de l’expo de son rival avec Sophie Calle devant les invités ébahis. » (Vincent Noce, Libération, 28 avril 2011).

Avant 2015, Olivier Kaeppelin souhaite exposer Robert Combas, Hervé Di Rosa, Gérard Garouste, Gottfried Honegger, les Poirier, François Rouan, Djamel Tatah, Hervé Télémaque, Lee Ufan… Mais il est « accusé par ses détracteurs de ne proposer que des noms trop connus ou trop oubliés [… Sur ce, Olivier Kaeppelin] rétorque que sa liste a été diffusée dans une version délibérément tronquée par Mark Alizart […] La liste aurait été « épurée » afin de faire croire à un programme vieillot, nostalgique et ignorant de l’actualité, pour mieux le déconsidérer et pousser son auteur au départ. » (Harry Bellet et Philippe Dagen, Le Monde, 4 mai 2011)

2 mai 2011 : Olivier Kaeppelin quitte son poste, en expliquant qu’il n’a pas les moyens d’accomplir ses projets. Il décide alors de rejoindre la Fondation Maeght.

Olivier Kaeppelin indique par ailleurs qu’un arrêté a été signé par Frédéric Mitterrand, le 3 août 2010, mais que ce texte n’a jamais été publié au Journal Officiel. Dans celui-ci, il aurait officiellement été nommé Président du Palais de Tokyo.

« Marc-Olivier Wahler a souvent été accusé d’avoir tout fait pour évincer son « rival ». Il s’en défend : « J’ai toujours pensé qu’Olivier serait un bon président, mais qu’il ne devait pas chercher à être aussi programmateur. L’équipe du Palais de Tokyo est soulagée, car avoir constamment deux décisionnaires, deux validations – la sienne et la mienne – pour tout projet, c’est comme avoir un papa et une maman ; c’est compliqué. » (Emmanuelle Lequeux, Le Monde, 1er mai 2011)

6 juin 2011 : Jean de Loisy est nommé à la présidence du Palais de Tokyo.


Article initialement publié sur Artistikrezo, 11 mai 2011

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